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Hypersensibilité au travail : pourquoi ne supportez-vous plus votre travail comme avant ?
Vous aimez peut-être encore votre métier.
Vous savez le faire. Vous avez de l’expérience. Vous avez parfois même travaillé pendant des années dans les mêmes conditions sans vous poser autant de questions.
Et pourtant, aujourd’hui, quelque chose a changé.
Le bruit vous fatigue davantage. Vous supportez de moins en moins d’être interrompu·e dans ce que vous faites. Les changements de dernière minute vous mettent plus vite sous tension. Vous récupérez moins bien après certaines journées. Une remarque ou une réunion peut continuer à mouliner dans votre tête bien après avoir quitté votre travail.
Alors pourquoi un travail que vous avez supporté pendant des années peut-il devenir soudain beaucoup plus compliqué à vivre ?
Avant de conclure que vous n’êtes plus fait·e pour ce métier, il faut peut-être regarder ce qui a changé.
Parce qu’un travail, en général, ne devient pas plus difficile du jour au lendemain.
Ce qui peut changer, c’est l’équilibre entre ce que votre travail vous demande et l’énergie dont vous disposez encore pour y faire face.
Quand ce qui vous permettait de faire face ne suffit plus
On imagine parfois que si l’on a réussi à travailler longtemps dans certaines conditions, on devrait continuer à pouvoir le faire.
Mais une situation professionnelle n’est jamais totalement stable.
Les responsabilités augmentent. Les équipes changent. Les délais se raccourcissent. On vous interrompt dans une tâche pour répondre à une autre demande, puis il faut retrouver le fil et reprendre ce que vous faisiez.
L’entreprise elle-même peut aussi évoluer. Un changement de direction, un rachat, une introduction en bourse ou de nouvelles exigences de rentabilité peuvent modifier les priorités, le management ou les valeurs dans lesquelles vous vous reconnaissiez jusque-là.
Vous pouvez alors continuer à aimer votre métier tout en vous sentant de moins en moins en accord avec la manière dont on vous demande de l’exercer.
Et parfois aussi, rien n’a changé de manière spectaculaire dans votre travail, mais votre vie autour a changé : sommeil moins récupérateur, charge familiale plus importante, période émotionnellement difficile, moins de temps pour récupérer.
Pris séparément, aucun de ces changements ne semble forcément suffisant pour expliquer pourquoi « tout devient trop d’un coup ».
Mais ensemble, tous ces éléments peuvent modifier progressivement l’équilibre qui vous permettait jusque-là de fonctionner correctement.
Ce n’est donc pas forcément votre sensibilité qui s’est aggravée. Les conditions dans lesquelles vous travaillez, ou les ressources dont vous disposez pour y faire face, ne sont peut-être simplement plus les mêmes.
Pourquoi peut-on avoir l’impression que tout bascule d’un coup ?
Pendant longtemps, vous vous êtes adapté·e.
Vous arriviez à travailler malgré le bruit. Vous gériez les changements. Vous composiez avec certaines personnalités. Vous récupériez le soir ou le week-end.
Et si certains éléments vous ont toujours demandé un effort, leur impact peut évoluer.
Vous avez peut-être toujours été sensible à ces éléments. Ce qui change avec le temps, c’est tout ce qui s’ajoute autour : la fatigue, les responsabilités, le rythme de vie et le temps dont vous disposez pour récupérer.
Ce que vous arriviez auparavant à compenser peut donc vous demander progressivement beaucoup plus d’énergie aujourd’hui.
Avec le temps, vous connaissez également mieux vos besoins et pouvez aussi, tout simplement, ne plus vouloir consacrer autant d’efforts à supporter certaines conditions.
Puis, à un moment, les mêmes choses commencent à vous demander beaucoup plus d’effort.
La bascule paraît brutale. Mais souvent, c’est simplement le moment où ce qui vous permettait jusque-là de compenser ne suffit plus.
Et comme vous continuez malgré tout à faire votre travail, vous ne voyez parfois le problème qu’au moment où votre seuil de tolérance diminue nettement.
Ce n’est pas forcément que vos capacités ont diminué.
Et il peut être intéressant de vous demander :
« Qu’est-ce qui me permettait auparavant de supporter ces conditions et qui n’est plus suffisamment présent aujourd’hui ? »
Le travail invisible que vous faites pour continuer à fonctionner
Il y a une partie de votre journée qui n’apparaît ni dans votre planning ni dans votre fiche de poste.
Faire abstraction d’un environnement bruyant.
Retrouver votre concentration après avoir été interrompu·e plusieurs fois.
Réorganiser mentalement votre journée parce qu’une priorité vient de changer.
Faire attention à la manière dont vous formulez une remarque pour éviter une tension.
Rester disponible alors que vous auriez besoin de silence.
Pris séparément, chacun de ces ajustements peut sembler minime. Mais lorsqu’ils deviennent permanents, ils représentent une véritable charge supplémentaire.
Et c’est là qu’on peut facilement tirer une mauvaise conclusion :
« Puisque j’arrive encore à le faire, c’est que ça me convient. »
Pas forcément.
Être capable de s’adapter ne dit rien du prix que cette adaptation vous demande.
Vous pouvez continuer à être compétent·e et à remplir vos missions alors que la manière dont vous y arrivez est devenue beaucoup trop coûteuse.
Est-ce votre métier ou les conditions dans lesquelles vous l’exercez ?
Quand la fatigue s’installe, il devient plus difficile de distinguer ce qui vous pèse réellement.
« Je ne supporte plus mes collègues. »
« Je ne supporte plus mes clients. »
« Je ne supporte plus mon métier. »
Avant d’en conclure que c’est tout votre travail qui ne vous convient plus, essayez d’identifier plus précisément ce qui est réellement devenu difficile pour vous.
Si vous faisiez exactement le même métier dans un environnement plus calme, qu’est-ce qui changerait ?
Si vous pouviez travailler plus souvent sans être interrompu·e dans ce que vous faites ?
Si les attentes et les réactions de votre manager étaient plus claires ?
Si l’entreprise fonctionnait encore selon des valeurs dans lesquelles vous vous reconnaissez ?
Si vous aviez davantage de temps de récupération ?
Si plusieurs de ces changements rendaient vos journées nettement plus supportables, le métier lui-même n’est peut-être pas toute la question.
Mais si rien de tout cela ne change votre ressenti, alors il mérite peut-être d’être interrogé plus profondément.
Mieux récupérer ou faire redescendre la pression peut réellement aider. Mais cela ne doit pas vous servir à continuer à vous adapter à des conditions de travail qui vous épuisent.
Parfois, une limite doit être posée. Parfois, l’organisation doit être modifiée. Et parfois, le travail ou le contexte professionnel doivent réellement être remis en question.
L’objectif n’est pas de devenir plus résistant·e. Il est de comprendre ce qui se passe pour pouvoir agir au bon endroit.
Qu’est-ce qui a réellement changé pour vous ?
Revenez à une période où vous terminiez vos journées de travail moins fatigué·e.
Et posez-vous quatre questions :
Qu’est-ce qui était différent dans mon travail à ce moment-là ?
Qu’est-ce qui était différent dans ma capacité à récupérer ?
Qu’est-ce que je continue aujourd’hui à compenser ou à supporter sans mesurer l’effort que cela me demande ?
Qu’est-ce qui, aujourd’hui, ne me convient réellement plus ?
Ces questions permettent de sortir du « je ne supporte plus mon travail » pour commencer à comprendre pourquoi votre quotidien professionnel est devenu plus difficile à vivre.
Lorsque plusieurs facteurs se mêlent, il n’est cependant pas toujours simple d’identifier seul·e ce qui appartient à votre fonctionnement de longue date, ce que vos conditions de travail amplifient aujourd’hui et ce dont vous avez réellement besoin pour travailler dans de bonnes conditions.
Le Bilan Hypersensibilité ne sert pas seulement à savoir si vous êtes hautement sensible. Il permet de préciser comment votre sensibilité fonctionne chez vous : ce qui vous surcharge le plus, ce qui fait baisser plus rapidement votre seuil de tolérance, les signes qui apparaissent avant d’être à bout, mais aussi ce qui facilite votre concentration et votre récupération.
Dans le contexte professionnel, cette compréhension peut vous aider à distinguer ce qui a toujours fait partie de votre fonctionnement de ce qui, dans votre environnement actuel, est devenu trop coûteux, puis à identifier ce qui peut être ajusté ou ce qui mérite réellement d’être remis en question.
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Si vous souhaitez en savoir plus sur le Bilan Hypersensibilité, nous pouvons aussi en parler lors d’un appel découverte.
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Mon accompagnement ne consiste pas à vous apprendre à mieux supporter toutes les contraintes de votre travail.
Je vous aide à mieux comprendre votre fonctionnement et à distinguer ce qui peut être ajusté de ce qui a réellement besoin de changer.
Parce qu’être hautement sensible au travail ne signifie pas devoir s’adapter à tout.
Corine TALEC
Accompagnement & Sophrologie pour les personnes hypersensibles
